«Le remède est dans la cause.»
Hippocrate (env. 460 - 370 av. JC)
 

Colliers et laisses

LES COLLIERS

I. Les colliers dits « éducatifs »

Plusieurs types de colliers dits « éducatifs » sont proposés à la vente, souvent à des prix élevés, afin d’éviter que le chien ne tire (trop) en laisse.
Sachez que ces colliers n’ont absolument aucune vertu éducative : ils empêchent effectivement parfois (mais pas aussi souvent que les industriels et les vendeurs l’affirment !) le chien de tirer, mais doivent alors être utilisés en permanence.

En effet, ils EMPÊCHENT de tirer, mais N’APPRENNENT PAS à ne pas tirer.

Le chien étant un être particulièrement adaptatif, si vous tentez de lui remettre un collier « normal », il se remettra à tirer exactement comme avant ... et peut-être même plus tant il sera heureux de pouvoir enfin le faire !

Passons-les cependant en revue :

 Le Torquatuscollier à pointes ») encore trop souvent préconisé par certains éducateurs rétrogrades (ou incompétents) et vendeurs peu scrupuleux.
Ce collier a été conçu à l’origine pour être porté pointes vers l’extérieur, afin d’éviter au chien d’être mordu à la gorge.
> Un sadique quelconque a eu l’idée de le retourner, ce n’est pas pour cela qu’il faut suivre son exemple.

 Le Sanitairecollier étrangleur ») est un collier en métal (chaîne) ou en cuir de section ronde qui, comme son nom l’indique, a pour fonction d’étrangler l’animal s’il tire en laisse.
> Bel exemple d’intelligence que d’étrangler son chien quand il ne fait pas ce que l’on veut, au lieu de lui apprendre les bons gestes !

 Le Martingalecollier semi-étrangleur ») est à double tranchant :
> pour habituer un chiot/un chien apeuré au port d’un collier, ou pour soulager un animal dont la trachée est blessée, il peut être très bénéfique car il prend de lui-même sa forme la plus large si personne ne sollicite l’anneau central, soulageant ainsi l’animal.
> Utilisé dans le cadre de la marche en laisse sans tirer, il constitue le raffinement extrême qui consiste à étrangler son chien de manière limitée !

 Le Licol est un système qui enserre le museau du chien et lui fait tourner la tête en cas de traction.
Il a été à l’origine conçu pour les chevaux, mais, pour eux, celui qui tire sur les rênes est assis sur leur dos, alors que dans le cas du chien il est à côté de lui : si le chien tire par impulsivité parce qu’il a vu un chat ou un oiseau par exemple, le licol peut facilement blesser ses vertèbres cervicales !
> À éviter d’urgence !

 Le Harnais de marche, dont le mousqueton de la laisse s’attache sur la poitrine, fonctionne sur le même principe que le licol mais fait tourner le poitrail du chien au lieu de sa tête.
Il est un peu moins dangereux ... mais absolument impossible à utiliser : tant que la laisse est du même côté que le manieur, cela fonctionne plutôt bien, mais dès qu’elle passe par dessus ou par dessous le chien (ce qui arrive fréquemment), alors quand celui-ci tire, il fait une jolie pirouette dans les airs et retombe à plat-dos sur le sol !
> Dépense inutile et qui peut s'avérer dangereuse.

 La Laisse-lasso est un « tout-en-un » qui réunit les fonctions de collier et de laisse. Comme son nom l’indique, il s’agit d’un lasso, le plus souvent constitué par une corde à bateau (section ronde).
Elle est très utilisée dans les chenils et autres refuges pour animaux car les chiens n’y portent pas de collier et le personnel, toujours très sollicité, gagne ainsi un temps précieux pour changer un chien de box ou le présenter à de potentiels adoptants par exemple.
> Pour un emploi dans la vie courante cependant, il ne s’agit ni plus ni moins que d’un collier étrangleur prêt à l’emploi !


II. Les colliers simples, dits « colliers d’attache »

Pour un chien de compagnie, rien ne vaut au final un collier simple, la problématique de la marche en laisse sans tirer étant alors résolue par l’éducation, une éducation respectueuse de l’animal bien entendu.

On notera que la largeur du collier revêt une grande importance pour le confort de l’animal : il est indispensable de porter son choix sur un collier suffisamment large, en fonction du poids et de la tonicité du chien, pour qu’il ne puisse pas se blesser, même en cas de mouvement impulsif.

Ces colliers sont globalement proposés en trois matières : le métal, le cuir et le nylon tressé :

 Les colliers en métal ne sont rien d’autre que des colliers étrangleurs en métal (chaîne), mais utilisés différemment : avec le mousqueton de la laisse, on attache ensemble un des deux anneaux et un des maillons de la chaîne, ainsi le collier ne coulisse plus et donc n’étrangle plus.
Bien entendu, pour que le mousqueton puisse être attaché à l’un des maillons, il faut que ceux-ci soient suffisamment larges pour ce faire.
> Il faut bien admettre que ces colliers sont élégants sur certains chiens (Dogue allemand, Boxers, etc.), ... mais ils sont cependant très fins et peuvent gravement blesser la gorge des animaux impulsifs !

 Les colliers en cuir sont élégants et les surpiquages divers (motifs fantaisie, nom du chien, clouterie, ...) permettent de les personnaliser.
> Ils ont cependant des défauts : ils sont assez chers, ne sont pas franchement lavables, ne permettent pas de réglage fin (système identique aux ceintures de pantalons) et, s’ils restent mouillés au contact de la peau du chien, peuvent devenir des foyer bactériens.

 Les colliers en nylon tresséCordura ») représenteront le choix d’Esprit de Chien : peu chers, de couleurs très variées, avec ou sans motifs, de différentes largeurs (souvent 12, 18 ou 25 mm), très souples, réglables au millimètre, solides, durables et lavables en machine (dans un filet à linge ou une taie d’oreiller afin d’atténuer les heurts des parties métalliques contre le tambour).
> Leur seul défaut est, quand la qualité laisse à désirer, qu’ils ont parfois tendance à se détendre : l’ajustement au cou du chien doit donc être vérifié régulièrement.

 Le Harnais est un système alternatif au collier, très souvent proposé en Cordura, qui permet d’englober tout le poitrail du chien et ainsi de ne pas exercer de tension sur sa gorge.
Généralement utilisé pour les petits chiens, il existe cependant des tailles adaptées aux grands animaux.
> Il n’y a rien à redire à ces systèmes, qui présentent les mêmes avantages qu’un collier en Cordura et ajoutent même une sensation de « moins tirer » du fait de l’attache située plus en arrière.
> Leurs seuls défauts, si l’on peut parler de défauts, sont qu’il est parfois agaçant de les faire enfiler, et qu’ils sont souvent inélégants sur les grands chiens.

LES LAISSES


I. Préambule : la laisse est un fil télégraphique

Avant de choisir une laisse, il est indispensable de savoir et surtout de composer avec le fait qu’elle va constituer un véritable fil télégraphique entre vous et votre chien.
En effet, toutes vos micro-crispations, hésitations, incertitudes, peurs, bref toutes vos réactions, conscientes ou non, sympathiques ou volontaires, seront transmises à votre chien par son biais : plus vous serez anxieux, plus votre chien le ressentira et plus son seuil de réactivité sera abaissé, autrement dit plus il sera réactif, donc « agressif » !
En ce sens, on peut d’ailleurs s’interroger sur le bien-fondé des laisses courtes, souvent utilisées avec les molossoïdes (donc les chiens les plus puissants) et notamment pour les chiens catégorisés : toutes les émotions du manieur sont d’autant plus fortement ressenties par l’animal si la laisse est presque systématiquement tendue, ce qui est le cas avec une laisse courte ...

Il faut le savoir, l’admettre, et ... agir en pleine connaissance de cause.


II. Aparté : le chien qui défend

La phylogenèse de Canis [Lupus] Familiaris est indéniable et incontournable : ces animaux protègent les membres de leur groupe socio-affectif, souvent même au mépris de leur propre intégrité physique, et c’est d’ailleurs certainement l’une des premières raisons pour lesquelles il a été intégré dans la niche anthropogénique : avertir et protéger l’Homme des dangers, réels ou supposés.
Au fil des générations et des sélections génétiques, NOUS avons volontairement conservé et même augmenté cet aspect réactif de l’espèce, c’est factuel.
Nous ne pouvons pas en même temps nous réjouir de disposer de compagnons que nous avons sciemment créés pour nous avertir et nous protéger, et les accuser de le faire parce que, ponctuellement et selon nous, le contexte ne s’y prête pas !


III. Les différents types de laisse

Comme pour le collier, le choix d’une laisse n’est pas anodin.
En milieu urbain notamment, il vous sera nécessaire de pouvoir -« en un tournemain » et c’est bien là que l’expression prend tout son sens- raccourcir la laisse de votre chien par enroulement autour de la paume de votre main, lors du croisement d’une poussette ou d’un enfant par exemple, afin d’éviter toute interaction non désirée.
Pour ce faire il faut donc disposer d’un matériau souple, léger, et qui ne risque pas de vous blesser la main en cas de brusque tension.

Mais parcourons les différentes options possibles :

 La laisse en métal (chaîne) peut s’avérer élégante sur certains chiens.
Elle est cependant souvent lourde et donc à réserver aux animaux de grande taille.
> Elle peut se montrer très dangereuse pour le manieur si celui-ci l’a enroulée autour de sa main et si le chien tire par impulsivité !

 La laisse « Corde à bateau » est très « tendance » en ce moment.
> Elle est aussi lourde sur le cou du chien, peu souple, et difficile à enrouler autour de la main si l’on veut en réduire la longueur rapidement.
> Attention au sertissage par rivets qui laisse parfois à désirer ...

 La laisse en cuir, matière noble, est très élégante.
Du fait de sa matière même, elle possède cependant les mêmes désavantages que le collier : prix élevé et difficultés de nettoyage, auxquelles il faut ajouter ici la relative raideur du matériau, même s’il est de très bonne qualité.
Factuellement, les cuirs les plus souples (agneau, chevreau) sont aussi les moins solides.

 La laisse en nylon tresséCordura ») constituera, comme pour le collier, le choix d’Esprit de Chien.
En effet et outre ses autres avantages que sont le prix, les facilités de nettoyage et la solidité, la souplesse du matériau permet de pouvoir raccourcir très rapidement la laisse, sans crainte de se blesser.

 La Laisse à enrouleur peut constituer un produit alternatif intéressant pour laisser se promener à son aise un chien dont le rappel n est pas encore parfaitement acquis.
Esprit de Chien DÉCONSEILLE VIVEMENT son utilisation EN MILIEU URBAIN !
En effet, alors qu’en nature le système de blocage est en général déverrouillé, il doit être obligatoirement verrouillé en permanence en ville, afin d’éviter que le chien n’aille sur la chaussée.
Or, il est très facile de croire que le verrouillage est enclenché alors qu’il n’en est rien : l’accident est alors possible !
> Lors de l’achat, veillez à acquérir un modèle dont toute la longueur de la laisse est de section plate : non seulement cela évite d’avoir un bout de laisse qui pend en permanence, mais aussi et surtout évite de se blesser la main si on doit l’attraper !
> Privilégiez également un modèle à deux boutons, le second bouton étant destiné au verrouillage : les modèles à un seul boutons font un peu « levier de vitesse » et le blocage est souvent peu franc, voire très approximatif !

 La Longe est une attache de grande longueur, souvent 5, 8 ou 10 m.
Il ne s’agit cependant pas d’une laisse au sens « promenade » du terme, mais bien d’un outil éducationnel à part entière, dont le maniement n’est pas des plus aisés.
Ce produit n’est donc pas utile au leader de chien qui ne souhaite qu’une éducation familiale.
> Si toutefois vous souhaitez absolument en détenir une, veillez à acquérir une longe en nylon tressé de section large et plate, et non pas fine et ronde, afin de ne pas vous brûler les mains si vous tentez de vous en servir pour stopper votre chien.
> Pensez également à y pratiquer plusieurs nœuds (environ tous les mètres) afin de pouvoir la bloquer sous votre semelle quand elle sera en train de filer.


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Laurent Meltzer, Cynologiste®, Esprit de Chien